Dans un pays englué dans une crise politique perpétuelle où la pauvreté et l’ethnocentrisme alimentent le feu de la division, le SILY national est l’un des rares symboles qui réunit les guinéens en tant que nation et qui apporte un répit à cette population meurtrie.

Les défaites du SILY national touchent tout le monde à différents niveaux et ses succès sont célébrés par tous. Pour se rendre compte de l’importance qu’accorde le peuple à son équipe nationale, il suffit de voir la ferveur nationale pendant les compétitions africaines. 

On dit que la défaite est orpheline, mais on oublie souvent de dire qu’elle est une leçon pour les réalistes et une carcasse pour les charognards. Quand il y’a échec dans une entreprise collective, il y’a ceux qui cherchent à tirer des leçons pour repartir du bon pied mais il y’a aussi ceux qui se transforment cet échec en procès et clouent au pilori celui qu’ils haïssent. Malheureusement le débat actuel est plus occupé par les charognards qui se disputent la carcasse engourdie d’une fédération à la peine que par des personnes lucides et réalistes.

Dans l’idéal au lieu des attaque-défenses auxquelles nous assistons en ce moment, l’ensemble des acteurs du football guinéen devraient se réunir pour faire une autocritique et une réflexion sincère et profonde permettant de tirer les enseignements de cet échec.

À défaut de cet échange responsable et franc, le débat se transporte sur les personnes et vire au pugilat de certaines personnalités. À mon avis l’échec du sily est loin de se résumer à un problème d’hommes ou de fonctionnement, le mal est plus profond. Cet échec doit être abordé sous plusieurs angles si on veut résoudre durablement le déficit de résultat de notre équipe nationale .

L’échec d’un projet sportif:

Avec l’arrivée d’une nouvelle équipe de dirigeants à la tête de la fédération,nous avons pu remarquer une flopée de mesures visant à créer des conditions idoines pour attirer au sein du Syli, le gratin des joueurs pouvant prétendre à une place. Qu’ils soient nationaux ou binationaux.

Un projet ambitieux qui a échoué parce qu’il ne suffit pas de réunir des individualités de qualité pour bâtir une équipe. Il faut une adhésion totale et sans complexe de l’ensemble des joueurs au projet. Tel n’a pas été le cas et cette situation n’est pas imputable uniquement au sélectionneur. L’ironie du sort a voulu que la Guinée se fasse éliminer par l’Algérie qui deux ans plus tôt avait entamé un projet similaire et avait connu la même désillusion voir même pire que la nôtre lors de la CAN gabonaise. Il aura fallu à l’équipe algérienne un toilettage au sein du groupe et un travail technique sur la durée pour bâtir cette équipe qui ne cesse d’impressionner le continent dans cette édition. Des joueurs de très haut niveau, perçus comme intouchables tels que: Ghezzal ,Slimani et Brahimi se sont vus relégués sur le banc de touche ou encore éjectés du groupe. Une équipe de football c’est une association de différents talents au service d’un collectif triomphant. Ce n’est pas une compilation de super-héros qui jouent à touche-pipi.

La gestion calamiteuse des ressources humaines:

La gestion humaine du groupe par le coach a été catastrophique. Il n’a pas su faire de cette pléthore de joueurs de qualité,une équipe. Au contraire il a contribué à son explosion à cause de sa communication calamiteuse et ses choix techniques incompréhensibles.Il n’a pas créé les conditions permettant aux joueurs de démontrer toute l’étendue de leurs qualités. Un système de jeu inexistant et une cohésion de groupe qui vole un peu plus en éclats à chacune de ses sorties médiatiques. Il a contribué à leur échec en coupant complément le pont avec certains et en critiquant publiquement d’autres. Cette attitude laisse à penser que certains joueurs lui ont été imposés mais par qui ? Cette question reste posée.

Les dissensions au sein de la fédération.

La déclaration du père de Abdoulaye Touré évoluant au FC Nantes met en évidence un des problèmes de la FEGUIFOOT. En substance il reproche au vice-président d’avoir incité son fils à demander une prime de motivation pour venir jouer pour le Syli. Cette révélation jette le discrédit sur la fédération et son mode opératoire pour convaincre les binationaux à rejoindre les rangs du Syli. L’intérêt financier ne doit pas être un argument prépondérant pour attirer les joueurs en équipe nationale. Ceci demeure la stratégie des clubs. La première motivation pour rejoindre une équipe nationale doit être uniquement l’amour de la patrie sans pour autant occulter le fait que le foot est aussi une question d’argent.

Les agents des joueurs et leurs entourages n’hésitent pas à demander de l’argent pour une telle opération .Lorsqu’un manager va chercher un joueur il met toutes les chances de son côté pour l’avoir même s’il faut procéder par des moyens contraires à l’éthique. tout ne se dit pas.Reste à savoir si le négociateur était animé d’une  telle intention.

Antonio Souare ,nul ne doute de son engagement pour le football guinéen et de son apport dans ce secteur, mais à un moment donné ceux-ci ne suffisent pas pour avoir le résultat escompté. Il doit s’atteler à faire de cette fédération une administration solide.

Quelques pistes de solutions:

L’intégration des légendes nationales du foot dans l’encadrement de l’équipe.

La fédération doit faire en sorte de créer un système de gestion impliquant les anciens joueurs du Syli afin qu’ils puissent apporter leur expérience et qu’ils servent de référants aux jeunes joueurs.  Aujourd’hui le football guinéen est dans les mains d’amateurs voire même de passionnés du football mais qui n’ont jamais été même titulaires dans les plus bas niveaux du football national.

L’insertion des anciens footballeurs remplira un double objectif en fournissant un leadership inspirant que jeunes joueurs ainsi qu’un appui technique non négligeable à la fédération. Parmi eux il y’en a dont le profil est très intéressant pour la direction technique et même pour le poste de sélectionneur. Je pense notamment à Titi Camara, Pascal feindouno…Mais aussi  

Ousmane Bangoura Diego , Dian Bobo Balde, Kaba Diawara, voilà des personnes ressources avec une expérience solide et un patriotisme qui n’est plus à prouver.

L’assainissement du milieu sportif guinéen:

Aujourd’hui il y’a énormément de personnes autour du sily, qui normalement devraient être loin du sily. Beaucoup de gros ventres qui n’ont aucune expérience sportive qui jouent aux experts et font tout un tintamarre autour des équipes sportives.

Il faut laisser le football guinéen aux voix autorisées du pays et éloigner les propagandistes qui ont pour seuls projets le détournement de fonds et le trafic d’influence auprès des décideurs politiques.

En somme, le renouveau du football guinéen passera par une restructuration profonde de la fédération et une réorganisation des méthodes de gestion du football en général.

 

Ibrahima Kalil Sidibé ( Kalil le Futur)

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